À Rouen, ces dernières années, de nombreux immeubles ont été construits dans les quartiers Ouest, à Luciline ou sur la rive gauche. En moins de dix ans, la ville a gagné près de 8 000 habitants. Mais cette croissance n’a pas été véritablement pensée : on a construit d’abord, sans organiser l’écosystème autour. Manque de services et d’équipements publics ainsi que de commerces de proximité, difficultés de stationnement, circulation compliquée, peu d’espaces verts de qualité : les quartiers se densifient, sans que la planification urbaine suive.
Or, l’urbanisme devrait guider le logement, et non l’inverse. Il manque à Rouen une vision lisible et stable à 20 ou 30 ans, qui dise clairement où l’on densifie, où l’on protège, où l’on renature, où l’on accueille les entreprises, où l’on construit pour les familles et les étudiants.
Le parc social géré par Rouen Habitat, qui représente une part majeure des logements sociaux de la commune, reste un pilier pour de nombreux ménages. Pourtant, beaucoup de logements sont dégradés et notamment des passoires énergétiques : bâtiments anciens, parties communes et abords mal entretenus, problèmes d’humidité, d’isolation, de nuisances sonores ou de sécurité, présence régulière de rats dans certaines résidences. De lourds programmes ANRU ont été lancés, notamment dans les Hauts-de-Rouen, pour démolir, reconstruire et requalifier les quartiers. Mais ces opérations accumulent les retards de plusieurs années, les redimensionnements, les re-calages de calendrier. Pour les habitants, cela se traduit par des années supplémentaires dans des logements vieillissants voire insalubres et des espaces publics peu soignés.