Fluidifier les déplacements et apaiser les usages

Se déplacer à Rouen est devenu, pour beaucoup, une source de frustration quotidienne. Par une accumulation de décisions mal coordonnées et de choix idéologiques, la majorité sortante a opposé les modes de déplacement au lieu de les organiser. Circulation rendue inutilement complexe, quartiers périphériques insuffisamment desservis, conflits d’usage et incivilités en hausse : le résultat est une ville moins fluide, moins accessible et moins lisible, où piétons, cyclistes comme automobilistes ont le sentiment de subir leurs déplacements.

Nous faisons un choix clair : remettre de la cohérence, du bon sens et de l’équité dans les mobilités. À Rouen, chacun doit pouvoir se déplacer librement, en sécurité, sans opposer les usages et sans pénaliser inutilement la vie quotidienne, l’activité économique ou l’accès aux services.

Nos 8 mesures fortes pour redonner du sens aux mobilités

1. Lancer un grand plan “piéton” à l’échelle du mandat

A Rouen,  près de 30 % des déplacements des habitants se font à pied. Pourtant, les piétons sont trop souvent oubliés, notamment en dehors du centre historique, et de nombreux trottoirs ont été abîmés par des aménagements improvisés, comme rue du Renard. Nous lancerons un grand plan “piéton” à l’échelle du mandat afin de faire de la marche un mode de déplacement simple, sûr et agréable. Il s’agira de garantir des cheminements continus et accessibles à tous, un espace public mieux entretenu, un éclairage public adapté et une signalétique claire. Marcher à Rouen doit redevenir une évidence pour les familles, les seniors, les personnes en situation de handicap comme pour les visiteurs, dans tous les quartiers de la ville et pas uniquement dans l’hypercentre.

2. Mettre en oeuvre la tarification solidaire des transports en commun

Depuis le début de l’actuel mandat, nous réclamons la mise en place d’une tarification solidaire des transports en commun de la Métropole. Plutôt qu’une gratuité étendue de manière aveugle, elle permettrait que chacun paie en fonction de ses moyens. Surtout, elle permettrait de conserver des moyens financiers pour renouveler la flotte de bus vieillissante. En effet, l’extension de la gratuité aux moins de 18 ans coûte plus de 4 millions d’euros aux contribuables de la Métropole de Rouen, et continuer dans ce sens pénalisera le développement équitable du réseau métropolitain. 

3. Améliorer concrètement la desserte en transports en commun de proximité

Les transports en commun doivent être une alternative crédible à la voiture individuelle. Pour cela, il ne faut pas se contenter de multiplier des lignes à haut service qui desservent toujours les mêmes secteurs.. Aujourd’hui, trop de Rouennais, notamment dans les quartiers périphériques (Descroizilles, Vallon Suisse, Jouvenet…), subissent des fréquences insuffisantes et une offre inadaptée en soirée et le week-end. Nous améliorerons la desserte dans ces quartiers en renforçant les fréquences, en adaptant les lignes aux usages réels et en étendant les horaires. Par ailleurs, nous développerons, dans les quartiers moins denses, des navettes de proximité plus souples que les bus et reliant les axes structurants. Tous les Rouennais doivent pouvoir compter sur un service fiable et équitable, quel que soit leur lieu de vie, afin de réduire les inégalités d’accès et de faciliter le quotidien.

4. Apaiser la cohabitation entre tous les usagers et faire respecter les règles

La multiplication des conflits d’usage traduit une organisation défaillante de l’espace public. Nous rétablirons une cohabitation apaisée entre tous les usagers par une révision pragmatique du plan de circulation, menée quartier par quartier, par un entretien rigoureux de la voirie et par une action déterminée contre les comportements dangereux et les nuisances. La mobilité ne doit pas être guidée par des postures idéologiques mais par la sécurité, le respect mutuel et la lisibilité des règles.

5. Sécuriser et rendre cohérents les aménagements cyclables

Le développement du vélo ne peut se faire au détriment de la sécurité. En poursuivant, l’extension du réseau cyclable, nous mettrons fin aux aménagements discontinus, dangereux ou incohérents afin de garantir des itinéraires cyclables lisibles, entretenus rigoureusement et réellement protecteurs. L’objectif est de permettre une pratique du vélo sûre pour tous, dans une cohabitation apaisée avec les piétons et les automobilistes, sans opposer les usages.

6. Résoudre les dix points conflictuels de circulation dès le début du mandat

Certains carrefours et axes concentrent aujourd’hui bouchons, insécurité et incompréhension. Dès les premiers mois du mandat, nous engagerons un travail opérationnel pour traiter prioritairement les dix points conflictuels de circulation les plus pénalisants. Des solutions concrètes et rapides seront mises en œuvre, construites avec les habitants, les professionnels et les services techniques, et évaluées dans le temps afin d’apporter des améliorations durables. Un meilleur usage des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, sera fait pour fluidifier et apaiser la circulation.

7. Instaurer la gratuité du stationnement le midi

Le stationnement ne doit pas être un outil punitif mais un levier d’accessibilité et d’attractivité. Dès le début du mandat, nous instaurerons la gratuité du stationnement de surface sur le temps du midi afin de soutenir l’activité commerciale. 

Dans la continuité, une réflexion sera menée avec la Métropole pour baisser le prix du stationnement en ouvrage (parkings souterrains), près de deux fois plus cher qu’ailleurs en France. Dans le même esprit, une expérimentation sera menée pour créer des places gratuites pendant 30mn, en commençant par les secteurs où le commerce est en difficulté.

9. Réviser les règles d’accès à la zone piétonne

Le plateau piétonnier est un atout pour Rouen, mais ses règles d’accès sont aujourd’hui trop complexes et souvent incompréhensibles pour les habitants comme pour les professionnels. Dans certains secteurs résidentiels, leur mise en œuvre a dégradé le quotidien en compliquant l’accès aux logements, aux livraisons et aux services essentiels. Nous engagerons une révision pragmatique et concertée des règles d’accès à la zone piétonne, en partant des situations concrètes vécues par les riverains. L’objectif est de redonner de la lisibilité et du bon sens aux dispositifs existants, d’adapter les règles aux réalités locales et de garantir un accès raisonnable aux habitants, aux professionnels et aux services indispensables. Un centre-ville apaisé ne peut pas se construire contre ceux qui y vivent.

Pour aller plus loin

Tous en selle à la maternelle

Nous ferons de Rouen une ville où tous les enfants apprennent à faire du vélo dès leurs premières années d’école. Le programme “Tous en selle dès la maternelle” sera mis en œuvre dans toutes les écoles maternelles, en partenariat avec la police municipale, les clubs sportifs et les associations cyclistes. C’est à la fois un enjeu de sécurité, d’autonomie, de santé, de pratique sportive et d’écologie.

Expérimenter des “zones d’implantation blanches” pour les livreurs de restauration à emporter

Les regroupements de livreurs génèrent aujourd’hui bruit, déchets et stationnements anarchiques. Nous identifierons des zones blanches où l’attente prolongée des livreurs sera interdite, pour préserver la tranquillité des riverains — notamment autour du Vieux-Marché, de la rue de la République et de la rue Jeanne-d’Arc. En parallèle, nous créerons des zones d’attente aménagées à proximité des pôles de restauration, avec bancs et bornes de tri.
Inspirée des chartes mises en place à Lyon ou Bordeaux, cette expérimentation fera de Rouen une ville capable de concilier économie numérique et qualité de vie urbaine.

Un stationnement mixte sur les places de livraison pour les infirmiers et autres soignants

Les infirmiers et soignants libéraux jouent un rôle essentiel dans l’accès aux soins de proximité. Pourtant, à Rouen, près de deux tiers d’entre eux rencontrent des difficultés de stationnement chaque jour, 70 % estiment que cela perturbe leurs tournées et 67% indiquent qu’ils ont dû refuser ou interrompre leurs prises en charge.
Pour leur permettre d’exercer dans de bonnes conditions, nous autoriserons, sur présentation du caducée, le stationnement de courte durée (15 à 30 minutes) sur les places de livraison.

Revoir le système numérique de paiement du stationnement 

Le système actuel de paiement numérique du stationnement génère des surcoûts pour les usagers en passant par des opérateurs privés qui prélèvent des frais élevés et ne respectent pas toujours les temps de latence nécessaires pour payer. La redevance ne doit pas devenir la règle par défaut. La Ville développera sa propre application de services municipaux, qui intégrera le paiement du stationnement sans intermédiaire privé. L’objectif est un système plus juste, plus lisible et plus respectueux des usagers, où chacun paie le temps réellement stationné, sans frais additionnels imposés.