Mieux construire la Ville, mieux se loger à Rouen

À Rouen, ces dernières années, de nombreux immeubles ont été construits dans les quartiers Ouest, à Luciline ou sur la rive gauche. En moins de dix ans, la ville a gagné près de 8 000 habitants. Mais cette croissance n’a pas été véritablement pensée : on a construit d’abord, sans organiser l’écosystème autour. Manque de services et d’équipements publics ainsi que de commerces de proximité, difficultés de stationnement, circulation compliquée, peu d’espaces verts de qualité : les quartiers se densifient, sans que la planification urbaine suive.

 

Or, l’urbanisme devrait guider le logement, et non l’inverse. Il manque à Rouen une vision lisible et stable à 20 ou 30 ans, qui dise clairement où l’on densifie, où l’on protège, où l’on renature, où l’on accueille les entreprises, où l’on construit pour les familles et les étudiants. 

 

Le parc social géré par Rouen Habitat, qui représente une part majeure des logements sociaux de la commune, reste un pilier pour de nombreux ménages. Pourtant, beaucoup de logements sont dégradés et notamment des passoires énergétiques : bâtiments anciens, parties communes et abords mal entretenus, problèmes d’humidité, d’isolation, de nuisances sonores ou de sécurité, présence régulière de rats dans certaines résidences. De lourds programmes ANRU ont été lancés, notamment dans les Hauts-de-Rouen, pour démolir, reconstruire et requalifier les quartiers. Mais ces opérations accumulent les retards de plusieurs années, les redimensionnements, les re-calages de calendrier. Pour les habitants, cela se traduit par des années supplémentaires dans des logements vieillissants voire insalubres et des espaces publics peu soignés.

Du côté du parc privé, Rouen ne compte qu’environ 30 % de propriétaires occupants. C’est peu, et cela dit quelque chose de la difficulté à “s’ancrer” durablement dans la ville. De nombreux logements anciens ou vacants mériteraient d’être rénovés ou revalorisés, mais les dispositifs d’aide sont illisibles, l’opérateur métropolitain fonctionne mal, la complexité administrative décourage. Les ravalements de façade, les mises aux normes ou les rénovations énergétiques restent trop peu incitatives, ce qui fragilise l’attractivité de certains quartiers.

 

Enfin, la ville entre, comme le reste du pays, dans une crise du logement : coûts de construction qui explosent, normes qui s’empilent, arrêt de certains dispositifs fiscaux, projets qui ne sortent plus, loyers qui augmentent. Dans le même temps, Rouen construit moins que d’autres villes comparables. La vacance réellement disponible pour loger de nouveaux ménages est faible : on manque d’offres adaptées, notamment pour les familles et les étudiants.

 

En résumé : Rouen souffre d’un urbanisme sans boussole et d’un logement sous tension. Il faut retrouver une vision de long terme, remettre les élus aux commandes, mieux construire au bon endroit, et engager un véritable choc de rénovation.

Nos 7 propositions principales

1. Revoir le Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) pour ralentir la saturation des quartiers

Face à une densification anarchique, nous souhaitons revoir les règles du PLUi pour mieux encadrer la densité : hauteur maximale et verticalité adaptée à chaque quartier, renforcement des exigences de pleine terre et d’arbres, travail sur les pieds d’immeubles, prise en compte de la capacité réelle des écoles, crèches et équipements publics, mais également insertion dans le tissu existant, respect du patrimoine. Chaque opération devra être exemplaire.

 

Et cela devra se faire sous un pilotage politique clair : ce sera aux élus de fixer les principes, de trancher les arbitrages.

2. Mettre en place la “ville du quart d’heure”

Services publics, transports, commerces, médecins… Autant de sujets essentiels à la vie de quartier. Pour cela, nous mettrons en place la “ville du quart d’heure” : 

  • à un quart d’heure à pied, chaque habitant doit pouvoir accéder à ses commerces essentiels, à un jardin, à des services de base ;
  • à un quart d’heure en transports en commun, il doit pouvoir rejoindre un marché, une maison de santé, un pôle d’emploi ou de formation.

3. Soutenir la construction de maisons de ville

Plus de 80% (source 2023, FFCMI) des français rêvent un jour de vivre dans une maison individuelle, notamment les familles qui recherchent des logements adaptés à leurs besoins.

C’est pourquoi, nous retravaillerons les règles du PLUi (plan local d’urbanisme intercommunal) afin qu’il encadre la (re)construction de maison de ville dans les projets immobiliers, comme cela aurait dû être dans le quartier Saint Julien à Blossom Park.

Afin d’éviter l’étalement urbain qui grignote les espaces naturels et multiplie les déplacements contraints, là où le foncier s’y prête, nous encouragerons une densification douce : division parcellaire encadrée, constructions nouvelles insérées dans des quartiers déjà équipés, conception d’ensembles familiaux proches des écoles, des commerces et des transports, en cohérence avec le tissu urbain environnant.

4. Lancer “Rouen Habitat 2035” : un véritable plan de rénovation du parc social

Face aux difficultés réelles rencontrées par les habitants du parc social de la ville de Rouen, il est urgent d’agir. Nous porterons un plan “Rouen Habitat 2035” avec un objectif triple : 

  1. Remise à niveau technique des immeubles les plus anciens ou dégradés : ascenseurs, toitures, réseaux, isolation, sécurité, accessibilité.
  2. Rénovation énergétique ambitieuse, pour sortir les logements des classes les plus énergivores et réduire les charges des locataires. 
  3. Lutte contre les nuisances, notamment la prolifération des rats. 

Ce plan se fera grâce à un calendrier fixé à l’avance, à une bonne information des habitants, à des relogements anticipés, et grâce à un contrat d’objectifs passé entre la Ville, la Métropole, Rouen Habitat et les représentants des locataires, avec un suivi annuel présenté publiquement en conseil municipal

5. Maîtriser le foncier de la ville grâce à la préemption pour porter des projets de proximité et d’envergure

En faisant le choix d’acquérir en priorité certains terrains ou biens immobiliers directement ou via l’EPFN, la ville a la possibilité de maîtriser le développement urbain et de préserver l’équilibre du territoire. Aujourd’hui, elle n’utilise pas ce droit avec une enveloppe annuelle très insuffisante. Pourtant, grâce à cet instrument, cela permet de soutenir l’installation de commerces de proximité, protéger des espaces stratégiques, ou encore faciliter la réalisation de projets d’envergure répondant à l’intérêt général. La préemption devient ainsi un levier concret pour revitaliser les quartiers, anticiper les évolutions futures et garantir un cadre de vie attractif et harmonieux pour tous.

6. Créer un “pavé rouennais” pour préserver une identité urbaine et faciliter les déplacements

Rouen possède une identité urbaine forte, mais celle-ci s’est peu à peu diluée au fil des travaux d’aménagements publics par manque de cohérence. 

Nous créerons un « pavé rouennais », en faisant le choix d’un matériau unique, identifiable, utilisé dans les secteurs les plus fréquentés : centre-ville, abords des monuments, places, rues commerçantes. Ce pavé, pérenne et durable, permettra d’unifier le sol et d’offrir une continuité esthétique tout en assurant l’accessibilité des déplacements de tous (personnes en situation de handicap, familles avec poussettes, seniors), ainsi qu’en améliorant le confort des piétons et la gestion des eaux de pluie.

7. Mettre en place un atelier de la façade rouennaise

Notre ville dispose d’une richesse patrimoniale et architecturale unique. Toutefois, l’hétérogénéité en est devenue la règle. Aussi, pour redonner à notre ville une signature claire et lisible, nous engagerons un effort structuré d’harmonisation grâce à la mise en place d’un atelier de la façade rouennaise, dédié à la qualité architecturale dans les rues historiques et commerçantes. Cet outil aura pour vocation d’éviter la création d’enseignes de boutiques hétéroclites grâce à des règles définies, tout en accompagnant les commerçants qui s’installent dans leurs démarches administratives.

Pour aller plus loin

Encourager la création de logements étudiants publics comme privés

Face à l’augmentation des étudiants dans Rouen, mieux les loger est une nécessité. Permettre la création de résidences étudiantes nouvelles est un axe, en privilégiant des loyers abordables aux alentours de 500€.

Coordonner un dispositif “Deux générations, un même toit”

Aujourd’hui, de nombreux seniors continuent de vivre jusqu’à un âge avancé dans leur logement, parfois très grand et de façon isolée. Tandis que de nombreux jeunes étudiants peinent à se loger, et que 20% de jeunes renoncent à leurs études faute de logement. Nous mettrons en place un dispositif “Deux générations, un même toit” coordonné par la municipalité afin de garantir le sérieux des profils et la sécurité des mises en relation.

Donner de la lisibilité au guichet d’accompagnement métropolitain

Nécessité de simplifier et rendre autant lisible qu’accessible (et efficace) le guichet unique d’accompagnement à la rénovation des logements, à la fois physique et numérique. Cet outil centralisera l’information, aidera à monter les dossiers, orientera vers les aides nationales et locales, et mettra en relation avec des professionnels compétents, pour que les propriétaires ne naviguent plus seuls dans un labyrinthe administratif.

Relancer la dynamique de Saint-Sever comme quartier d’affaires

Saint Sever est le quartier de Rouen regroupant le plus grand nombre d’emplois, il a besoin de continuer à se structurer car la présence d’entreprises a un rôle essentiel pour apaiser et sécuriser le quartier ainsi que relancer la dynamique commerciale. Pour cela, il faut créer une offre foncière et immobilière attractive, en mobilisant les friches et les espaces sous-utilisés, en favorisant la rénovation ou la surélévation des bâtiments existants, et en accompagnant l’installation de bureaux modernes et modulables.